Peut-être par méconnaissance ou par boulimie de visibilité mais le constat est que la plupart des responsables d’institutions publiques recrutent plus de producteurs d’images et de gestionnaires de visibilités que de communicants. Il est important de savoir que l’image (photo ou vidéo) est un instrument de la communication. Par conséquent, à elle seule, elle ne saurait remplacer la communication qui est une stratégie globale.
Dans son ouvrage La communication publique, Pierre Zémor enseigne que la communication permet d’expliquer l’action publique, de bâtir une relation de confiance entre l’institution et les usagers et de prévenir les crises. Selon lui, la communication institutionnelle se caractérise par la relation particulière qu’elle crée entre l’institution et le citoyen-usager. Par exemple, un photographe ou un vidéaste peut montrer un ministre, un directeur ou un élu local sur le terrain sans que l’image ne soit en mesure d’expliquer aux citoyens la politique publique que ce dernier exécute, ses objectifs, ses bénéficiaires, ses résultats et ses enjeux.
Cette réflexion de Pierre Zémor rejoint celle de Dominique Wolton dans son livre, La Communication, les hommes et la politique, pour qui la communication ne peut être ramenée à la performance technique des médias. Dans sa logique, Wolton met plus l’accent sur l’homme, la démocratie, la relation entre les différents acteurs que la technologie ou la diffusion des messages.
En somme, dans ce pays, il convient pour certains de faire la différence entre le gestionnaire de visibilité qui cherche à accroître la présence d’une personnalité ou d’une institution, les producteurs audiovisuels (photographe, vidéaste) qui produisent des images et contenus et le communicant qui construit du sens, organise une stratégie et travaille sur les perceptions.
Ici, la dérive n’est pas d’avoir les producteurs d’images dans les institutions. Ils sont indispensables. Seulement, le problème surgit lorsque la production d’images et la publication sur les réseaux sociaux deviennent la stratégie de communication elle-même.
Par Diène Ngom, journaliste- communicant,
Titulaire d’un master en Média et Communication, option communication politique et des institutions au Cesti.
Doctorant en Sciences de l’Information et de la Communication au GIRMEC du Cesti affilé à Ethos.
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