L’excès de pouvoir et le juge au Sénégal et en France. Par Pr Abdoulaye DIEYE

In Revue africaine de Science politique et sociale n°40 JANVIER 2023, PP 370 – 396

RESUME

A travers l’invocation d’un excès de pouvoir, on conteste un comportement intolérable juridiquement parlant dans un Etat de droit. Cela est généralement le cas de l’administration qui, à travers une décision administrative, viole la légalité. Aussi bien au Sénégal qu’en France, l’examen du recours d’un justiciable quant au fond, suppose que le juge ait déclaré le recours recevable. On note, à quelques nuances près, une ressemblance au niveau des conditions de recevabilité du recours dans ces deux pays.

Si, aussi bien en France qu’au Sénégal, l’irrégularité d’une décision administrative peut, de façon générale, se rapporter aux mêmes éléments (irrégularité quant à l’auteur, irrégularité quant à la forme, irrégularité quant aux motifs, irrégularité quant à l’objet et irrégularité quant au but) et aboutir à l’annulation de l’acte par le juge de l’excès de pouvoir, au Sénégal, le problème du suivi lié à cette annulation demeure. En France, la loi du 8 février 1995 en consacrant le pouvoir de prononcer des injonctions en exécution de la chose jugée, semble avoir trouvé, au moins, un début de solution. Le juge sénégalais retrouve sur son chemin, parfois, des obstacles l’empêchant d’explorer davantage les suites qu’impliquent ses décisions d’annulation. En outre, pour éviter les difficultés pouvant survenir dans l’exécution de certaines décisions d’annulation, le juge français a développé un certain nombre de techniques visant, parfois, à moduler dans le temps les effets de l’annulation, parfois même à éviter l’annulation de la décision administrative. Ces techniques sont très partiellement utilisées par le juge sénégalais.

L’excès de pouvoir, c’est aussi, parfois, le fait du juge, celui dont la haute mission consiste, pourtant, à trancher les litiges et protéger les citoyens contre les violations de leurs droits et libertés. L’excès de pouvoir du juge tel que mis en lumière par la jurisprudence française, renvoie à une double méconnaissance par le juge judiciaire soit d’une loi qui définit ses attributions, soit de certains principes fondamentaux de procédure. Ses contours sont variables et variés. Le législateur sénégalais semble avoir une compréhension différente de cette notion.

Cliquez ici pour télécharger l’intégralité de la contribution sur : « sur l’excès de pouvoir et le juge : au Sénégal et en France. »

Par Abdoulaye DIEYE
Enseignant-chercheur au département de droit public.
Faculté des sciences juridiques et politiques
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Septième numéro de la Revue Africaine de Droit des Contrats Publics (RADCP) 

Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour télécharger le septième numéro de la Revue Africaine de Droit des Contrats Publics (RADCP) : RADCP N° 7_2025Télécharger

L’effectivité du principe de la libre administration des collectivités territoriales en Afrique francophone. Par SADIKOU KOUFEDJI

       Résumé L’effectivité du principe de libre administration des collectivités territoriales est un équilibre délicat, constitutionnellement garanti par l’article 72 de la Constitution française, l’article 102 de la Constitution...

Le conseil constitutionnel, un déterminant de l’alternance démocratique de mars 2024. Par Cheikh Mbacké NDIAYE

Résumé : La présente contribution revient sur le rôle du Conseil constitutionnel dans la gestion du processus électoral au cours de l’élection présidentielle du 24 mars 2024, ayant permis la réalisation d’une alternance démocratique au Sénégal. Il s’agit...

Le juge constitutionnel et la prorogation du mandat parlementaire en Afrique : les expériences Libanaise et Malgache. Par Keit Achile ONGOTO

INTRODUCTION : « La prorogation du mandat constitue une voie de fait[1]», nous rappelle le juge constitutionnel libanais. En démocratie, le mandat politique est borné par une limite temporelle qui fixe la période au terme de laquelle le peuple est appelé à choisir de...

Sénégal–FMI : La transparence est sanctionnée et l’incurie démocratique récompensée. Par Amar THIOUNE,

Sénégal–FMI transparence sanctionnée incurie démocratique recompenséeTélécharger

Politiques d’achat public et vie chère au Gabon : une intervention étatique sous tension. Par Willyhanove Obame

RÉSUMÉ : Afin de faire face à la hausse du coût de la vie, le gouvernement gabonais, à l’issue du conseil des ministres annoncé la création d’un dispositif public chargé de regrouper les achats de produits essentiels. Présentée comme une solution rapide à une...

« TRAITÉ DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE : l’État et son administration » , écrit par le professeur Meïssa DIAKHATÉ , agrégé en droit public

Nous sommes ravis de vous annoncer que "TRAITÉ DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE : l'État et son administration" , écrit par le professeur Meïssa DIAKHATÉ , agrégé en droit public,sera disponible à l'Harmattan le Lundi 06 Octobre 2025, inchallah.Cet ouvrage constitue une...

AGENDA NATIONAL DE TRANSFORMATION DU SERVICE PUBLIC 2025 – 2029

AGENDA National De Transformation du Service publicTélécharger

Pourquoi faut-il censurer le Conseil constitutionnel ? Par Meissa DIAKHATE

Le dire ainsi ne serait pas excessif : le Conseil est en train de faire sa mue ; il doit être surveillé ! En fréquentant assidûment les décisions du Conseil constitutionnel avant, pendant et après mars 2024, plusieurs expressions apportent leurs...