« Le profil du magistrat financier n’est pas celui du juge administratif ou du juge judicaire. Le premier valorise le savoir et le savoir-faire en finances publiques, en comptabilité et en gestion (…) ».
Nicaise MEDE, « La juridiction financière d’hier à demain et… après-demain », Revue béninoise des Sciences Juridiques et Administratives, n°24, 2001 ; V. aussi Nicaise MEDE « La juridiction financière d’hier à demain et… après-demain », Pages de doctrine (Œuvres incomplètes), Vol. 1, L’harmattan-Sénégal, 2024, p.263.
La publication par la Cour des comptes de l’audit du Rapport commandité par le Gouvernement sur la situation des finances publiques de 2019 au 31 mars 2024 appelle de notre part quelques réflexions préliminaires. Celles-ci tiennent aux scénarios macro-économiques qui se dégagent pour le Sénégal dans une perspective de moyen terme, notamment les aspects relatifs à la dette publique. Beaucoup de schémas et d’approches, du point de vue de l’analyse économique, ont été déjoués.
Contrairement à une certaine idée qui inviterait à interroger la crédibilité de la Cour des comptes, il serait à notre avis, là, un débat sans intérêt concret. Pour l’heure, il faut bien se féliciter du travail extrêmement ingénieux effectué par « l’Institution de l’Avenue Roosevelt ».
Sur la base des données jadis disponibles sur l’état des comptes publics et des projections, la sortie du Gouvernement à la date du 26 septembre 2024 ne pouvait nullement permettre, objectivement, de présager le tableau peint par la Cour des comptes. A ce stade, on pouvait s’attendre au mieux à une confirmation des chiffres annoncés, au pire à une disqualification par la Cour. La sur-confirmation était alors le dernier des scénarios.
L’encours retenu par la Cour est de 18 558,91 milliards de FCFA pour l’Administration centrale (soit 99,67% du PIB contre 83,7% annoncé par le Gouvernement actuel en septembre 2024). Dans l’immédiat, il est à dire que c’est toute la soutenabilité des finances publiques qui est, sinon anéantie, du moins en jeu. S’il est vrai que la qualité d’une dette publique dépend, non pas du coût financier qu’implique son amortissement, mais de la valeur économique et sociale qu’elle a permis de créer, il faut se rendre à l’évidence lorsque les proportions qu’elle occupe ne sont pas au vert.
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Par Omar SADIAKHOU
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